Je m'en fiche que personne n'y comprenne rien. Qu'importe mon charabias, il est là. Il existe pour moi, et je n'écris pas pour la gloire. Je n'écris pas; je gribouille. Je noirci des pages, échappatoire qui m'empêche de toucher trop souvent aux lames.
Le sourire de l'ange, je l'ai dans mon coeur, mon Amour.
Et j'ose encore me dire que c'est possible. Ce bonheur. Malgré les souvenirs hantant mes cauchemars et tâchant mes rêves de flaques de sang. Il est là, je le sais, je le sens, je le vois, je peux presque le toucher. Plus que jamais, je veux y croire.
Retour en enfance, sourire innocents,
baisse toi, que je te prenne, que je te baise. Et l'on accepte, inconsciente de notre soumission.
J'aurais voulu te prendre par derrière, que de violence dans ces mots, pour que tu vois la misère d'être à ma place. J'ai tout accepté avec toi, tu n'es qu'un salaud. Je te ferais bouffer tes organes pour ce que tu m'as dis. Tu étais malsain, tu me ramenais à la réalité plus que personne.
Sale chienne que j'étais, à tes pieds plus que personne. J'aimais ta souffrance, ton esprit de connard. Ton âme de blessé tendre, parfois.
J'aimais le peu de gentillesse qu'il me donnait. J'aimais ce sentiment de crainte quand j'arrivais chez toi.
Et j'ai failli y perdre plus que mon égo, mon amour propre, ma dignité. Tourbillon sans fin, sans possibilité immédiate d'en sortir. Nous nous fermions du monde. Ghetto amoureux, dangereux taudis dans lequel nous jouions,
jouissions. Et je suis partie, avant que tu ne me bouffes. Je ne regrette rien, je me dis que c'est une parenthèse que l'on referme, enfin. Phrase cliché. Nous l'étions tout autant. Moi l'enfant dans les bras d'un monstre à tête d'ange.
J'ai aimé, avec lui. Je n'aimerais plus. Avec lui tout du moins. Ton visage mirage ne cessera d'exister, petit con. Mes bras lacérés sont le reflet du mal que tu m'as fait. Ces cicatrices sur les poignets sont ce que tu as fait pour moi, oublié la mort dans tes bras, enfermée dans la salle de bain. Tellement défoncé que tu brisais tout, jusqu'à mes cotes, jusqu'à m'en couper le souffle. Oh mon amour, je t'en veux de m'avoir sauvé de mes noyades. Je t'en veux d'avoir refusé de me voir crevé quand tu m'avais achevé.
Je suis perdue. Trou noir dans ma mémoire, trou béant dans mon âme. Je réfléchis, je songe,
une nuit d'été, et je m'interroge. J'agis, je bois. Je fume. J'assume mes faits et mes gestes. J'assume tout ce que j'ai toujours fait. Et dans un sens, je n'ai pas envie de quitter cette lueur lugubre.
Délire hallucinés, mes yeux se fendent de papillons et le plafond se métamorphose en nuages dansant. J'enrage à la vue d'une mobylette, étais-ce toi ou un autre ? Tu m'aurais foutu en l'air. Et je tourbillonne dans un mélange de rouge et d'ocre. Mélange étrange, corps perchés au dessus du vide, prends ma main, envolons nous sur des nuages de barbe à papa, dans les recoins du monde. Le LSD, les anxios que je te sniffe, les bédos dans des quantités inconcevables sont les nouvelle fenêtre sur le monde d'Alberti. Et Paris sent le rhum, la vodka, la manzana, le soho, le campagne, le scotch, le whisky, le vin, le vin d'épicerie, le mousseux, le pastis, l'ouzzo, le shoushen, le calvados, la bière, la tequila, le cidre, le limoncello, la liqueur de myrthe, la vodka et le rhum, toujours.Que le spectacle continue.